Depuis longtemps les chercheurs ont rapproché Zalwar, une ville royale d’un roi appelé Anum-Hirbi, au toponyme Saluaria ou Saluria qui représente une rivière et une ville dans les annales de Salmanazar III. Il existe aussi une citée appelée « Sallurriya » dans les archives de Mari.
La difficulté de l’analyse réside sur le fait que ce roi assyrien indique avoir déposé une image de lui-même et de ses exploits (stèle gravée) par 3 fois :
- 2 fois lors de sa première campagne :
- Après avoir affronté une coalition à Lutibu de Simal : aux sources de la rivière Saluara (Zalwar), qui est au pied des montagnes de Hamani (Amanus).
- Puis de Hamani (Amanus) allant vers Aliçir tenue par Sapalulme le Patinien, ayant capturé Buranate de Yasbuqu et submergé les grandes villes des Patiniens, des cités de l’ouest et de la mer occidentale et rendu des hommages aux rois de la côte maritime : aux montagnes d’Atalur, où se trouvait une image d’Anum-hirbi.
- Une autre fois lors d’une campagne qui est parti de l’Ouest de l’Euphrate et qui est allé vers le Nord pour rejoindre l’Urartu : d’Enzite du pays d’Ishua, à Saluria, au pied du mont Kirequ.
Au début du 2e millénaire, Anum-Hirbi est un personnage connu à la fois dans les archives de Kanes et dans celles de Mari. Il apparaît roi de Mamma, roi de Zalwar et roi de Hassu.
Au musée de Gaziantep on peut voir une pointe de flèche au nom de Anum-irwi, trouvée au village de Hasancik vers Kahramanmaras.
http://www.assyriologie.uni-muenchen.de/personen/professoren/miller/publ_miller/anum_hirbi_2001.pdf
Il est difficile d’affirmer qu’il a existé une seule personne ayant eu le nom de Anum-irbi en effet, dans les généalogies des familles reconstituées du monde hittite, de mêmes noms réapparaissent au fil des générations. Cela dit, souvent, ces mêmes noms sont significatifs d’une même famille régnante sur une région donnée.
Il est important d’avoir une idée de la configuration des rivières vers cette époque. Claude Cahen dans « La Syrie du nord à l’époque des croisades et la principauté franque d’Antioche » évoque la présence, au nord du coude de l’Oronte, du lac d’Antioche qui a été asséché entre 1940 et 1970, et dans lequel se jetaient autrefois trois fleuves importants :
- Le plus occidentale est l’actuelle rivière Karasu qui longe la montagne.
- Le plus court, au milieu, le Nahr Yaghra, était aussi le plus gros car il était alimenté par une énorme source (résurgence) appelée Aïn as-Sallour. Ce lieu est situé tout proche de Muratpaça, du nom d’un célèbre Pacha qui a aussi laissé son nom à la rivière. C’est vers cette région que se situait le mont Atalur, ou Adalur, pas très loin et parallèle de l’Amanus : ce serait le Kurd-Dagh. Une commune moderne de Turquie porte toujours ce nom.
- Enfin le plus oriental, l’Afrin actuel, qui, pour compliquer l’analyse, a sa source non loin du Karasu.
Il est nécessaire, aussi, d’avoir une idée de l’itinéraire de l’armée assyrienne.
Il est quasi certain que ce qu’il a appelé « rivière de Saluara », précisément située « au pied des montagnes de l’Amanus » est la rivière la plus occidentale, le Karasu.
Les positionnements de Hamani et de Yasbuqu sont en faveur d’un itinéraire qui descend la vallée de cette rivière, sur sa rive gauche. Toutefois, la lecture des annales n’a pas pu se faire entièrement vers ces moments : Salmanazar III a vaincu une ville, mais on ne sait pas si c’est Aliçir ou Yasbugu. La traversée de l’Oronte a probablement été ajouté pour sa propagande, ou s’est effectuée plus tard dans le récit. En revanche, en mentionnant des cités de l’ouest de la mer occidentale, le monarque désigne probablement les villes de l’Ouest du grand lac d’Antioche du 1er millénaire. Puis il serait ensuite allé vers les sources du Nahr Yaghra pour déposer une seconde stèle à côté de celle d’Anum-hirbi. Pour rentrer à Assur, Salmanasar a poursuivi vers le nord, vers Azaz, puis vers l’Est. Cet itinéraire est le plus naturel compte-tenu des reliefs.
De plus, si on admet que Salmanazar désigne un même lieu entre sa première campagne et celle d’Urartu, c’est aux sources du Karasu ou de l’Afrin qu’il faut rechercher cette ville.
Les sites de Gedikli et Kiriskal, vers une forêt appelée Sila, sont des hypothèses probables. Surtout que dans les deux sites il a été trouvé un tunnel ou une grotte qui semble liée à la vénération d’une source d’eau datée de l’âge du bronze.
http://www.tayproject.org/TAYages.fm$Retrieve?CagNo=1035&html=ages_detail_e.html&layout=web
Mes notes de vraisemblance :
Zalwar ou Saluaria était située vers les sources du Karasu et/ou de l’Afrin : 2,5/5

16 février 2021
Age du bronze, Age du fer, Anatolie, Bronze final, Bronze moyen, Empire des Hittites, Empire Néo-Assyrien, Kizzuwatna, Turquie