Kipani est mentionnée dans les annales d’Assurnasirpal II, non loin de Huzirina. En 814 avant J-C, Belu-lu-balat était gouverneur de Tabetu, Harran, Huzirina, Dur, Qipan, Zallu et Balih.
C’était probablement la ville d’Appan des archives de Mari. Cette cité est souvent mentionnée avec celle de Der. Toutes les deux révèlent d’importantes activités agricoles. Des canaux d’irrigations y étaient entretenus. Der, Appan, Humsan et Sehrum étant des lieux de la même rivière. Appan y apparaît en aval de Der. Comme cette dernière a été localisée, le tell le plus probable pour Appan / Kipani est celui de Grefare dans le village de Güzelköy, province de Sanliurfa, en Turquie.
Au sujet d’un deuxième Appân éphémère dans les archives de Mari
La partie 2 de « Les premières années du roi Zimri-Lîm de Mari » de Jean-Marie-Durand fait apparaître une installation d’une troupe de « Mâr sim’al » (A.3068) dans les environs de Mari, dans une ville d’Appân, suivie de la conduite d’importants travaux notamment par Idin-Annu et Itûr-asdu (A.3267, A.2651, A.254). Cet Idin-Annu est le fonctionnaire qui a été affecté au district de Ziniyan durant une certaine période et Itûr-asdu est alors en poste à Saggâratum. Il s’agit du moment de l’arrivée de Zimri-Lim à Mari après son expédition guerrière vers l’orient.
Clairement, nous avons ici une documentation de l’installation de « Mâr sim’al » originaires de notre ville d’Appân du Haut-Balih – probablement des soldats qui ont accompagné Zimri-Lim – sur les rives de Habur entre Saggâratum et Qattunan.
Et donc, ici, au début de l’implantation de Zimri-Lim à Mari, Appân désigne plutôt le groupe d’habitants qui s’est déplacé et dont le nom de cité est devenu « Bit-Kapan » vers la fin du règne de Zimri-Lim. D’ailleurs, la tablette « VI 76 » rédigée vers les mêmes jours par Bahdi-Lim utilise fort judicieusement l’expression « Camp d’Appân » : « […] C’est un fait avéré que, lorsque nous étions au droit de Kulhitum (lieu dans la steppe entre le Balih et le Habur), avant le lever du soleil, mon Seigneur descendit et que, sur son invite, je lui ai servi de garde du corps. Mon Seigneur parla avec Yaggih-Addu (de Mislan). Et c’est un fait avéré aussi que, lorsque nous arrivâmes au camp d’Appân, j’ai dit ceci à mon Seigneur : « Aujourd’hui, le pays Mar yamanite t’est livré. Or, ce pays est revêtu de l’habit akkadien. Il faut que mon Seigneur honore la capitale de la royauté. […] Mon Seigneur ne doit donc pas monter sur des chevaux mais sur des mules […] ».
Nous considérons que c’est aussi la future « Bit-Kapan » qui est mentionnée dans les trois textes ci-dessous :
- « M.5063 » : « […] On a appris qu’on avait conduit un groupe de passage. Dans la nuit, on a levé les deux signaux de feux à Zurubbân. On n’en a levé ni à Suprum, ni à Appân […]. »
- « A.4012 », ici légèrement modifié pour faire apparaître une autre compréhension du cheminement d’une troupe de retour vers Nihriya : « […] Les gens sont arrivés à Terqa. Car Zatusumim et les chefs de section s’étaient concertés ainsi : « Si nous allons par la rive gauche et traversons (le Habur) au gué d’Appân on ne nous remarquera pas. […] Non, nous irons à Terqa ». […] Aussi, aujourd’hui nous avons traversé (l’Euphrate) et les gens bivouaquent. C’est en bloc qu’ils se lèveront et leur étape du soir sera quand-même Appan. […]. »
- « II 98 », avec une autre compréhension : « Les patrouilles-Sagbum doivent être déployées sur la rive droite (du Habur) depuis Appân jusqu’à Niattum-Burtum » afin d’arrêter tous ceux qui voudraient rejoindre un campement (de Mar Yamina) ».
Bit-Kapan est donc une création des « Mâr sim’al ». Ce toponyme n’apparaît pas antérieurement au règne de Zimri-Lim. Avant l’arrivée de ce roi à Mari nous maintenons une localisation d’Appan dans le Haut-Balih. Le changement de dénomination (d’Appan vers Bit-Kapan) de la cité entre Saggâratum et Qattunan a dû se faire, une fois la stabilité revenue dans le royaume de Mari, pour différencier ce lieu de celui du Haut-Balih. Et donc cette dernière dénomination de la ville le long du Habur a été éphémère.
Curieusement, l’évolution phonétique observé de ce toponyme du Habur, de Appan vers Bi-Kapan, est donc similaire à celle de ce Appan du Haut-Balih, de Appan vers Kipani.
Mes notes de vraisemblance :
Appan, Qipan ou Kipani était proche de Der : 4/5
Appan, Qipan ou Kipani était Grefare à Güzelköy : 2,5/5

12 avril 2021
Age du bronze, Age du fer, Akh Purattim, Anatolie, Bronze final, Bronze moyen, Empire Néo-Assyrien, Turquie