Mislan et Musulân, une seule et même ville

Mislan est une cité abondamment mentionnée dans les archives de Mari, surtout au début du règne de Zimri-Lîm. Dans « Les premières années du roi Zimri-Lîm de Mari » de Jean-Marie Durand, Mislan est décrite comme étant une cité importante disposant de portes et d’un palais. C’était une capitale des « Mâr yamîna » aussi désignés « Benjaminites ». Des textes décrivent l’attaque de la cité par Zimri-Lîm et la destruction de ses fortifications suite à la révolte des « Mâr yamîna ».
Dans les nombreuses publications, il est considéré que cette cité était localisée dans le district de Mari, proche de la célèbre ville. C’était une ville des « Yahruréens ». Cela est surtout basé sur « XXVI 171 » qui indique « Les zones cultivées de Mislan s’étendent jusqu’aux portes de la ville d’Appan ». Or Appan, également, a été située très proche de Mari depuis longtemps, avec Humsân et Sehrum notamment dans « A.250 ». Et ceci en considérant que le Balih était une petite rivière proche de Mari homonyme du Balih du Zalmaqum.
Dans ce blog nous soutenons et documentons une autre hypothèse : Toutes ces villes étaient localisées vers le haut Balih, dont étaient originaire la plupart des administratifs qui été désignés par Zimri-Lîm au début de son règne à Mari et qui ont ramené leurs tablettes avec eux.
Pourtant le même texte « XXVI 171 » indique : « Il doit enrôler trois cents bonnes troupes, qui doivent obtenir leurs provisions de voyage jusqu’à ce que la moisson soit réalisée, et ils doivent entrer dans Mislan, car il n’y a pas de ville forte en dehors de Mislan. » Un voisinage avec Mari, ville très forte, n’est pas envisageable.
Dans « Mémoires de N.A.B.U. 3 » Dominique Charpin a écrit un article intitulé « Une campagne de Yahdun-Lîm en Haute-Mésopotamie ». Il y décrit une série de 22 textes issus d’un même corpus, qu’il considère comme l’œuvre d’un même scribe lors d’un déplacement. Il y évoque une cité appelée Musulân. Arduwân est mentionnée dans l’itinéraire et nous savons que cette citée est localisée dans la vallée du Balih, dans le Zalmaqum, non loin de Der du Balih grâce au texte « A.2995+:4-5 » des archives de Mari.
Dans ce blog il est considéré que Musulân est une autre orthographe de Mislan durant le règne de Yahdun-Lîm.

La description de cette ville forte par les différentes tablettes de Mari nous amène à proposer sa localisation au Tell Chuera. Nous savons que cette cité a été détruite sous Zimri-Lim. Elle a été réoccupée au Médio-Assyrien en s’appelant Harbu, Harbé ou Hurbe, nom qui signifie « ruine ». Il est possible, aussi, que cette dernière appellation lui ait été attribuée avant la fin de règne de Zimri-Lim.
Son envergure, un diamètre d’environ 900 m pour une surface de 68 ha – ce qui représente un des plus importants sites entre le Habur et le Balih – justifie un tel rapprochement. De plus, les textes de l’âge du bronze nous disent que la ville était traversée par l’oued Haqqat, qui signifie « l’étranglé ». Ce qui correspond à l’actuel « Wadi Huera » dont les archéologues ont observé des travaux d’aménagement autour de l’ancienne cité.

Mes notes de vraisemblance :
Mislan / Musulân est la désignation du Tell Chuera à l’époque de Mari : 3/5

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