Les Mar Yamina

Dans la partie 2 de « Les premières années du roi Zimri-Lîm de Mari » Jean-Marie Durand a traduit de nombreux textes issus des archives de Mari. « La révolte des Mar Yamina » y est abondamment mentionnée, ainsi que les différentes désignations des semi-nomades « Mar Yamina » (appelés Benjaminites dans d’autres ouvrages) : Les Yarihéens, les Yahuréens, les Uprapéens, les Amnanéens et les Rabéens.
Il se trouve que, au regard des villes déjà localisées dans ce blog, les territoires des différentes tribus semblent cohérents et continus. L’Euphrate, le Habur et le Balih semblent avoir été des frontières naturelles, sur lesquelles, au fil des siècles, se sont développées des villes fortifiées dont ils ont peu à peu perdus le contrôle (cette tendance a dû s’accélérer sous l’Empire d’Akkad).

Les territoires des "Mar Yamina" au début du règne de Zimri-Lim

Les territoires des « Mar Yamina » au début du règne de Zimri-Lim

Voici une synthèse des principales villes par peuples :

Remarques :
(1) Dans « A.2552 » Yaggih-Addu, le chef Yarihéens, précise qu’autrefois Terqa faisait partie du territoire des Yarihéens. Ya’il est probablement la cité la plus ancienne à l’origine du nom de la tribu des Yarihéens
(2) La cité à l’origine de la tribu des Yahuréens était probablement Iahressa des textes hittites, c’est à dire Yakharisha des tablettes du Tell Fray.
(3) Amnan semble être la cité fondatrice de la tribu des Amnanéens. Mais Yahmumum est aussi possible
(4) Rabban (à construire) est probablement à l’origine de la tribu des Rabbéens.

Dans « Documents épistolaires du palais de Mari », Jean-Marie Durand a traduit le texte « I 6 » qui est très éclairant sur les Benjaminites Rabbéens : « […] Il ne convient pas que les Benjaminites soient recensés ! Si tu le fais, leurs frères, les Rabbéens qui habitent sur la rive opposée, dans le Yamhad, l’apprenant, seront en colère contre eux et ils ne pourront plus retourner chez eux. […] Les Bédouins de la steppe qui se trouvent actuellement détenir des champs d’Akh Puratim doivent les garder de la même façon qu’ils le faisaient précédemment ! »
Il semble que Samsi-Addu a été beaucoup plus précautionneux que Zimri-Lim sur les us et coutumes de ces peuples qui, probablement, étaient d’anciens occupants de ces régions.
« IV 6 » revient sur le sujet des Rabbéens qui habitent au Yamhad : « […] Des Rabbéens qui habitent au Yamhad m’ont écrit pour me dire : « Nous avions l’intention de traverser l’Euphrate pour venir de notre côté, malgré deux demandes, il n’y a pas eu de bateaux qui les fassent traverser. Ecris donc à Yasub-El pour qu’il tienne disponibles des barques à Yakaltum ou n’importe où ailleurs d’Akh Puratim, afin que, sitôt que des gens arriveront, elles fassent la traversée […] »
« M.13096 » rapporte un conflit entre Ursum et une coalition de Rabbéens et d’Uprapéens.

Conclusion :
Les textes de Mari font clairement apparaître une antériorité de la présence des « Mar Yamina », aussi désignés Benjaminites, vis à vis des villes du Zalmaqum et du Yamhad. Par exemple, au début du règne de Zimrî-Lîm, Jean-Marie Durand indique que la région de Zalpah et de Serda était aux mains des Uprapéens et en même temps, que Zalpah semble avoir été de population yahruréenne. Le Zalmaqum est probablement une série de cités commerçantes récentes, créées consécutivement au commerce international Assyrie-Anatolie du Paléo-assyrien.
Toutefois les semi-nomades Hanéens, éleveurs et aussi agriculteurs, qu’ils soient Benjaminites ou Bensimalites, apparaissent comme étant des fournisseurs d’aliments. A cette époque, cela était une activité fondamentale. A ce titre, ils ont été des décideurs régionaux et les faiseurs de rois.

 

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